Le mot "MVP" est devenu un raccourci pour "on n'a pas envie de réfléchir." On entend les mêmes trois phrases chaque semaine. Voici ce qu'elles signifient vraiment.
"On veut juste un MVP pour tester"
La vraie question derrière : "est-ce qu'il y a une demande pour ce qu'on imagine ?"
Un MVP technique ne répond pas à cette question. Une page d'atterrissage avec un formulaire et une campagne ciblée le fait, en deux semaines, pour 5 % du budget.
"On itérera en fonction des retours utilisateurs"
La vraie question : "qui sont nos utilisateurs et comment on les atteint ?"
Si vous ne savez pas répondre maintenant, le MVP livré n'aura personne pour le tester. On voit ça constamment.
"Plus vite on lance, mieux c'est"
La vraie question : "qu'est-ce qui doit être vrai pour que ça marche ?"
Lancer un produit qui ne fonctionne pas opérationnellement (parce que le support n'est pas en place, parce que la facturation casse à 100 clients, parce que l'équipe métier ne sait pas répondre au téléphone) brûle la confiance plus vite qu'aucun retard de lancement.
L'alternative
Un seuil opérationnel clair. "On a besoin que 200 personnes utilisent ceci par semaine, qu'on encaisse 5 millions de FCFA, et que le support tienne." À partir de là, on conçoit le minimum nécessaire pour tester ce seuil. C'est ça, un vrai MVP.
